Forme
Petit-déjeuner organisé autour de Jean-Paul Betbèze, Professeur des Universités, Directeur des études économiques et membre du Comité exécutif de Crédit Agricole SA. Environ 50 personnes présentes, au café Waknine, 9 avenue Pierre 1er de Serbie, de 8 :30 à 10 :00.
Introduction de Philippe Bertin, vice-président de la Fondation
→ Problématique : sommes-nous réellement en phase de sortie de crise ? Quels sont les pièges à éviter
Intervention de Jean-Paul Betbèze
Après avoir souligné en introduction à son propos la réalité objective de la sortie de crise, malgré l’inconnue des tensions sur les cours du pétrole, il a rappelé la série historiquement unique – de méga-chocs auxquels le monde est confronté :
1. Crise des subprimes
2. Crise financière mondiale
3. Crise européenne
4. Crise méditerranéenne
5. Crise japonaise
Ces crises soulignent l’existence de trois « mondes », trois blocs : les Etats Unis, l’Europe et les BRIC.
Etats-Unis : un peu mieux, mais pas assez (avec un taux de chômage en baisse, une inflation sous-jacente et des taux de la Réserve fédérale maintenus à 64% pour soutenir l’activité et « tenir » les longs taux (stabilisés, mais jusqu’à quand ?)
BRIC : moins de croissance et plus d’inflation et donc une question posée : faut-il privilégier la montée des taux d’intérêt ou laisser monter les taux de change ? (sous-évaluation structurelle du Yuan chinois)
Zone Euro : globalement mieux mais de grandes différences, avec une prévision de croissance allant de +2% pour l’Allemagne à -1,7% pour la Grèce, partout des dettes publiques qui augmentent, donc des ajustements budgétaires à faire et à expliquer (mauvaise évolution du ratio dette publique sur PIB), des ratios d’endettement (% du PIB) des entreprises et des ménages eux aussi mauvais (de 104,6% en moyenne sur la zone Euro), des solutions très différentes privilégiées avecen France la relance par la consommation et en Allemagne, la solution de l’export.
Comment faire repartir la « machine économique » ?
1. Surtout ne pas commettre l’erreur d’oublier l’impératif de croissance (on ne peut pas répartir de l’argent qu’on n’a pas créé…)
2. Privilégier l’efficacité (trop souvent, et mal, comprise par rigueur, voire austérité en France) par la recherche de la productivité car il ne saurait y avoir de sortie de crise sans croissance privée, ni efficacité plus grande de l’Etat.
La situation européenne est particulièrement risquée du fait de la mise sous « assistance respiratoire » par la BCE de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal. Il ne pourra pas y avoir de 4ème. Même si de réels efforts sont faits, la situation est tendue du fait d’une croissance se situant autour de 1,5%.
La dette américaine est aussi un sujet de préoccupation, notamment pour la Chine (1er créancier pour 2000 milliards de USD)
Celle de la France est préoccupante avec un ratio dette/PIB qui avoisine les 90%.
Alors comment on s’en sort ?
Si les choses ne s’améliorent pas, la dette publique augmentera alors que la valeur des entreprises et des actifs privés, elle, baissera.
Pour JP Betbèze, il faut avoir le courage de l’expression économique, mettre en place un véritable cardage et s’y tenir en faisant preuve de constance (la règle des « 3C »).
Il faut expliquer les conséquences sur les territoires, pour les territoires des décisions prises, d’où la nécessité d’un accompagnement de l’efficacité par la proximité.
Les « Think tanks » peuvent protéger les politiques, en faisant évoluer le jeu et en préparant les esprits par un travail de pédagogie et d’explication.
S’en suit un jeu de questions/réponses avec les participants.

















